mercredi 10 octobre 2007

nouveau chez lulu des nouvelles!

une madone qui fond pour un beau gosse, un couple scellé aux méduses, les mystères de la foi en sardaigne, un thriller mexicain en ombres chinoises... je vous invite à l'indécence de ces fragments aventureux...


(voir dans la rubrique "liens vers.." ci-contre)

LA MADONE DES VITRINES (Extrait)

... Une fille, assez belle, l’air de rien, l’air de ne pas y toucher, passait nonchalamment d’une vitrine à l’autre, admirant les beaux hommes de cire conservés dans la glace, ces garçons qu’on essaie en cabine, qu’on emporte peut-être dans un sac élégant, sans un regard pour la petite vendeuse etc.
Pas vue, pas prise.

Acte II


« Qu’est-ce qu’elle a à me regarder comme ça, celle-là ? Elle a de la chance que je puisse pas bouger. Dis-donc, c’est pas parce que je suis obligé de montrer mon cul dans une vitrine pour gagner ma vie qu’il faut me prendre pour une pute !... Pas le droit de parler non plus, c’est le règlement, sinon je lui dirais deux mots, à cette mijaurée. Non mais, qu’est-ce que c’est que ces manières... Elle bave, littéralement... T’as jamais vu un mec de près ? Tu veux ma photo ? T’aimerais bien toucher, hein ? Mais pour ça, ma belle, il faudra allonger ton fric. Ah non... Madame n’achète pas… Madame est une reluqueuse… Demain, on rase gratis !… Revenez pour les soldes, on vous fera un prix !... Seulement, il s’agira pas de faire la difficile... Moi, ça fera longtemps que j’aurai fondu entre les doigts d’une middle-class en chaleur. Entre nous, on les appelle demi-mondaines, qu’est-ce qu’elles croient ? C’est qu’elles sont pas comme toi, elles ont pas froid aux yeux. Demande à mes copains. Ceux qui y sont déjà passés… Ah oui, j’oubliais, tu mates aussi la cabine... T’aimerais bien être à la place de la caméra... Rêve toujours... Qu’est-ce que tu veux, la patronne est pas une sainte et y a pas de petits profits. Elle vend les films sous le manteau, à des amateurs, comme on dit... Et puis j’en ai marre qu’on s’intéresse qu’à mes fesses… Moi ce que je voudrais... C’est qu’une petite pas dans ton genre vienne me voler la nuit pour me tirer de cette merde... Une petite qui penserait pas à mal... Qui m’aimerait pour moi, comme ça… Pas comme la vendeuse, qui sait pas quoi inventer pour me palucher, « Oh ? Encore de la poussière ? Pourtant j’ai passé le doigt y a pas dix minutes. Franchement... »

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